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Le bouquin, the bouquin, le mien qui m'a capturé.

Le 15 novembre 2013, 07:49 dans Humeurs 1

Je vais tenter de dire à KarineC pourquoi la Divine Comédie est le livre, « the book »,  « the one » qui me semble important.
Ce n’est pas une mince affaire qu’expliquer pourquoi vous êtes poussé à lire et relire un bouquin, pourquoi il vous a frappé, quels sont les ressorts plus anciens qui vous y ont amené.
Amené d’abord à faire l’effort de le lire, alors que vous êtes entré dans la vie active.
Puis à l’apprécier pour ce qu’il vous apporte, le regard qu’il vous amène à porter sur le monde.
Enfin à l’aimer.
Je l’ai découvert dans la boutique de ma libraire préférée il y a trente-trois ans.
En fouinant derrière le grand « meuble-étal-présentoir » des livres de poche.
A l’arrière de ce meuble étaient plutôt entassés que rangés de vieux bouquins qui auraient dû être « retournés » depuis cinq lustres au bas mot.
J’y ai trouvé un vieux « Classique Garnier » qui m’a rappelé les bouquins qu’on avait au lycée.
La Divine Comédie de Dante Alighieri.
Je ne savais que trois choses de ce bouquin.
La première était qu’il était censé avoir été écrit en une seule nuit, celle d’un Vendredi Saint si je me souviens bien.
La seconde est qu’il était dévolu à une Béatrice dont j’ignorais tout.
La troisième était que, comme la Bible de Martin Luther était la source de la langue allemande, la Divine Comédie était la source de la langue italienne.
Ce qui est bien peu, convenez-en…
Toujours est-il que je me suis plongé dedans. Avec difficulté au début car le métier d’ingénieur ne vous pousse pas à lire des bouquins en vers tous les jours.
Puis, le rythme pris, la première lecture se passa bien et se contenta de ma laisser un souvenir agréable au point de me remémorer quelques tirades que je me récitais dans les embouteillages.
Quelques années plus tard, moins de cinq, je le relus. Là, les souvenirs affluèrent. Ceux des cours de latin. Si vous n’avez pas été obligé de vous taper l’Enéide en VO, vous avez échappé à deux choses.
Un ennui mortel en cours.
Un éclair de compréhension réelle quelque temps plus tard.
Quand vous comprenez que le chemin le plus sympa pour atteindre son but est un piège.
Sale découverte pour un type rétif à l’effort…
Finalement, comme je l’ai déjà écrit à Karine, la Divine Comédie est comme la Bible, chacun y trouve ce qu’il y cherche.
C’est un bouquin qu’on peut lire avec diverses visions. C’est une remarquable construction intellectuelle qui comble de l’adolescence et ses rêves d’absolu à l’âge mûr -ouaip ! ne me regardez pas comme ça, je ne suis pas encore vieux, juste déglingué- où on sait « qu’on a fait le plus gros » et que « vous qui entrez ici, laissez toute espérance »…
Hélas, depuis la tempête de 1999, je ne l’ai pas relu, il a sombré corps et biens avec les autres biens confiés au garde-meuble pendant que nous étions, Heure-Bleue et moi en Israël.
Mais je le rachèterai. Et en « Classique Garnier ».
D’occasion, certes, mais je l’aurai un jour, je l’aurai !
Et ne me dites pas que je suis bavard, je le sais.

J'arrive ici.

Le 8 novembre 2013, 13:04 dans Humeurs 1

Du coup je ne sais trop quoi dire.
(Si si, ça m'arrive...)